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Les articles de presse du 50e anniversaire

Cette rubrique vous propose dès à présent et jusqu'en juin, les articles de presse parus dans l'Echo de la Printse et retraçant toutes les étapes de la vie du club, de ses premiers balbutiements en 1954 à aujourd'hui. Bonne lecture !


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De Baar à Nendaz

L’Etoile Sportive Nendaz est née sur la place du village de Baar qui réunissaient les passionnés de football au début des années cinquante. Albert Broyon appartenait à ces pionniers.

L’Etoile Sportive Nendaz a fait ses premiers pas à Baar. La place du village y réunissait les passionnés de football au milieu des années cinquante. Les acteurs de ces rencontres improvisées ont donné naissance à l’Etoile Sportive de Baar. «Nous nous sommes encouragés «allez, on fonde un club» se souvient Albert Broyon l’un des plus fidèles de ces joutes amicales. L’initiative est décisive pour le football nendard. «Des matches se disputaient chez nous comme dans tous les villages. Une boule de tennis suffisait.»

L’ES Baar se constitue le 29 avril 1954. Une soixantaine de membres, un comité de cinq personnes présidé par François Glassey et vingt-trois articles de statuts donnent une première structure au football de rue.

  «Le club regroupait exclusivement des joueurs de Baar à ses débuts. Nous n’avions pas encore l’ambition de participer au championnat officiel de l’association valaisanne. Les statuts se sont largement inspirés de ceux de l’Eclair, la société de Brignon, qui n’était pas engagée en compétition. Nous les avions demandés à Marcel Perroud.» Le nom proposé par Albert Broyon emporte l’adhésion de l’assemblée. «De nombreuses équipes s’appelaient Etoile en Suisse Romande à l’époque. Plusieurs d’entre elles participaient au championnat Satus.» La ferveur du ballon rond contamine tout le pays en cette année de fondation. La Suisse accueille la cinquième phase finale de la coupe du monde de football. Genève, Lausanne, Bâle ou Berne vibrent aux exploits des meilleures équipes du monde. Baar se découvre un amour pour son Etoile Sportive. François Glassey assure la première présidence «avec un dévouement extraordinaire pour le club».


En 1954 à Plan-Baar: une équipe de passionnés sur le terrain du «Carré»


De gauche à droite
Debout: Laurent Oggier, Louis Locher, Gaby Glassey, Albert Broyon, Félicien Métrailler
A genoux: Gaby Délèze, Léonce Oggier, Candide Locher, Warpelin, Henri Oggier


Le pommier du coin

Les pionniers se démènent sur un pré de Plan-Baar. «Le terrain appartenait à Lucien Michelet» rappelle Albert Broyon. «Il lui servait de pâture. Les coups de coin du côté de la plaine du Rhône direction Sierre étaient l’exercice le plus ardu. Un pommier se dressait entre le tireur et le but. Il fallait faire passer le ballon dessus ou dessous.» La petite dernière des sociétés locales s’installe dans ses meubles. «Le club a commandé le bois nécessaire afin de placer des buts selon les dimensions officielles. C’était du mélèze que nous avons été cherché à Beuson. Les lignes de touche, le milieu de terrain et les seize mètres ont été marqués à la sciure.»

L’aménagement de la place de jeu éveille l’ambition du jeune football-club qui ne manque pas de suite dans les idées. «Le pommier n’a pas anéanti l’espoir de faire

de notre pré un véritable terrain de foot. Nous avons sollicité le délégué de l’Association valaisanne de Football après quelques années. La largeur était ok. Quelques mètres ont manqué dans la longueur. Une autre possibilité existait du côté supérieur de la route. Les dimensions étaient réglementaires, mais la démarche ne s’est jamais concrétisée. Aucun terrain n’a été homologué à Baar.» L’Etoile Sportive de Baar débourse deux cents francs par an pour la location du terrain. La somme l’assurait de la «priorité sur les autres équipes communales» précise le procès-verbal de l’assemblée générale du 7 octobre 1954. Elle garantissait l’usage du terrain trois jours par semaine. «Nous avons tenté de nous organiser pour les entraînements. La motivation n’était pas encore très vive, la discipline pas très grande. Nous étions cinq ou six un soir, deux ou trois lors de la séance suivante.»

Ouverture à la commune

Les premières rencontres disputées loin de Baar ont aussi souffert de l’absentéisme. Les Nendards se sont imposés à Evolène pour leur deuxième déplacement (5-3) malgré une équipe «pas complète puisque de nombreux joueurs ont été invités à une sortie» mentionne le compte rendu de la saison inaugurale. Le problème récurrent occupe plusieurs lignes dans les protocoles des assemblées générales. Six saisons se sont succédé avant une stabilisation des effectifs lors des rencontres. L’ES Baar a fait son entrée dans les compétitions officielles de l’AVF.

«Nous avons enregistré les premières arrivées de joueurs extérieurs au village à ce moment-là. Les gens de Baar nous permettaient d’évoluer au sein du groupement des équipes de football hors championnat de Sion, pas en championnat. Certains nous ont demandé de pouvoir jouer avec nous. Je me rappelle des arrivées de Célestin Locher, de Marcel Fournier, de Albert Lathion ou de Henri Glassey.» L’ouverture donne une dimension supplémentaire au club «baarois », appellation d’origine contrôlée dans le procès-verbaux de la société sportive de Baar. L’ES Baar devient l’Etoile Sportive Nendaz en 1960.

Saison 1956/1957


De gauche à droite
Debout: Henri Oggier, Albert Lathion, André Oggier, Candide Locher, Louis Locher, Albert Broyon, François Glassey
A genoux: Aloys Métrailler, Marcel Fournier, Marcel Fournier, Michel Fournier, Roger Fournier, Gaby Glassey, Célestin Locher, Emmanuel Pitteloud



Grimisuat-Nendaz
Le premier match

Le premier match de l’ES Baar retenu par l’histoire s’est joué à Grimisuat en 1954. Sans aucun caractère officiel. «Nous n’avions pas reçu nos maillots à temps» raconte Albert Broyon. «L’équipement se composait de cuissettes noires et d’un pull rouge avec un V blanc. Ce dessin était très courant à l’époque.» Chaque joueur était responsable de son maillot, lavage et repassage compris. «Nous nous sommes changés dans le garage d’une villa à l’entrée du village de Grimisuat. Il n’y avait pas de vestiaire. Le terrain de Praz-Noé était très pentu. Une grande différence de niveau séparait les deux buts.» Les visiteurs se sont inclinés 4-2. Les frais d’arbitre consignés dans le livre de caisse révèlent les adversaires privilégiés des Nendards durant leurs premières saisons hors championnat. Evolène, Grande- Dixence, Savièse, Grand-Duc ou Bramois sont les contradicteurs les plus fréquents. La première victoire est fêtée contre Evolène sur terrain adverse 5-3. L’ES Baar s’aligne régulièrement lors du tournoi

communal dont l’intensité des rencontres, des contestations également, «demanderait la présence d’un arbitre officiel de l’Association valaisanne» souhaite les procès-verbaux annuels. Les écritures espèrent également que le club ne doit pas «être comparé à la Honved, cela viendra un jour, nous l’espérons». L’inspiration des années cinquante arrive de Hongrie. La défaite du flamboyant football magyar contre l’Allemagne en finale de coupe du monde à Berne avait à peine affaibli la flamme. «La Honved de Budapest était le fleuron du football européen» rappelle Albert Broyon, auteur optimiste de la comparaison. «Le jeu hongrois de Puskas, Czibor ou Hidegkuti était merveilleux. Comme le deviendra celui du Brésil ensuite.» Le FC Sion avivait déjà les passions. «Il évoluait en première ligue si je ne me trompe pas. Nous nous réunissions le dimanche pour gagner à pieds le Parc des Sports. Nous étions déjà des mordus.» Le terrain sédunois a hébergé des rencontres officielles du FC ES Nendaz quelques années plus tard. Les joueurs de l’ES Baar avaient anticipé le mouvement.

 

Les soucis financiers

Pas question de faire des folies pour les fondateurs de l’ES Baar. L’article 32 de la nouvelle société mentionnait expressément que «en aucun cas la dette totale de la société ne pourra dépasser six cents francs». La disposition a été ajoutée au stylo à la suite du dernier article. «François Glassey, le président, avait demandé d’ajouter cette condition aux statuts» explique Albert Broyon. «Il n’était pas question pour un petit village de dépasser de telles sommes à l’époque. Surtout que les cotisations et les lotos constituaient les seules rentrées. Les lots étaient des salamis, des paquets de «Persil» ou du sucre. Alors pas question de folies.» L’article 32 a été annulé par l’assemblée générale de l’ES Nendaz, qui avait assuré la succession du club de Baar, le 24 novembre 1960.

Les premiers transferts

Les performances des footballeurs nendards ont rapidement attiré les convoitises des clubs alentour. Louis Locher, Henri Oggier et Albert Broyon ont exercé leur talent sous le maillot de Châteauneuf qui évoluait en championnat. «Nous avons obtenu l’accord de l’ES Baar avec la réserve d’un retour immédiat dès que le club évoluerait en championnat officiel au sein de l’Association valaisanne de football. Nous n’étions pas payés bien évidemment, mais le taxi venait nous chercher tous les dimanche au village pour nous amener au match. Après quelques séances au début, Châteauneuf nous a fait confiance pour les entraînements que nous effectuions à Baar.»;

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